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Culture, patrimoine

Pavés Stolpersteine

Dix Stolpersteine pour faire vivre la mémoire des victimes de la Shoah

 

Dix noms, dix destins brisés désormais inscrits dans l’espace public. Le 26 avril 2026, à l’occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation, Hettange-Grande a procédé à la pose de dix Stolpersteine, ces « pavés de mémoire » imaginés par l’artiste allemand Gunter Demnig pour honorer les victimes du nazisme. Par cette action, la commune s’inscrit dans un vaste mouvement européen qui fait de ces pavés de mémoire un symbole fort de transmission, de vigilance et d’humanité.

Ces dix pavés de laiton doré, incrustés dans le trottoir, rappellent les noms et les destins de femmes et d’hommes arrachés à leur famille par la barbarie nazie. Symboliquement, ils ont été scellés à l’emplacement de l’ancienne synagogue, au 1, rue du 12-Septembre-1944, une rue qui commémore également l’arrivée des alliés pour la libération de Hettange-Grande.

À travers ces marques discrètes mais puissantes, la ville inscrit durablement dans son paysage urbain le souvenir de ses habitants victimes de la Shoah.

Dix noms pour ne jamais oublier

Parmi elles figure Marcelle Madeleine Yvonne Caen, née à Hettange-Grande le 12 mai 1912. Réfugiée dans le Lot durant la guerre, elle est déportée depuis Toulouse le 30 juillet 1944. Transférée au camp de Ravensbrück, elle y décède le 28 avril 1945, quelques jours avant la fin du conflit.

Les pavés rendent également hommage à plusieurs membres de la famille Lévy. Salomon Lévy, sa fille Germaine Gothon Lévy et sa sœur Clémence Lévy, réfugiés dans les Vosges, sont arrêtés puis internés à Drancy avant d’être déportés à Auschwitz par le convoi 71. Ils y sont assassinés le 18 avril 1944.

Alfred Lévy et sa fille Berthe Lévy, tous deux originaires de Hettange-Grande, connaissent un sort similaire. Déportés par le convoi 67 en février 1944, ils sont assassinés dès leur arrivée à Auschwitz.

La mémoire de Camille Lévy, de son fils Joseph et de sa fille Blanche, arrêtés à Dijon puis déportés par le convoi 69, est également honorée. Tous trois sont assassinés à Auschwitz en mars 1944.

Enfin, un pavé rappelle le destin tragique de Florence Lévy, sténotypiste née à Hettange-Grande en 1914. Arrêtée à Dijon, elle est déportée à Auschwitz où elle trouve la mort le 12 mars 1944.

Un mémorial au cœur du quotidien

Avec cette initiative, Hettange-Grande rejoint le vaste réseau européen des Stolpersteine, aujourd’hui considéré comme le plus grand mémorial décentralisé au monde. Souvent placés devant les lieux de vie des victimes, ou dans des lieux symboliques, ces pavés invitent chaque passant à s’arrêter un instant, à lire un nom, à se souvenir d’une existence brisée.

« Ne jamais oublier » : tel est le message porté par ces pierres de mémoire qui inscrivent l’Histoire dans le quotidien.

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